Lirico ma non tropo


 Des années déjà qu’il peint. Qu’il y investit autant d’obstination que de quête de spontanéité. Et qu’il en éprouve tant la nécessité que les doutes lancinants. Bien sûr, le nom d’Olivier Cuendet est d’abord lié à la musique. Compositeur et chef d’orchestre itinérant au carnet de sollicitations planétaires, l’ancien directeur du Conservatoire de Lausanne fait ici sa première apparition en cimaises. On le sent qui se cherche en fouillant les traits de son visage comme le chantier d’un autre soi, et qui cherche son language pictural personnel du côté d’une liberté à la fois impulsive et laconique qui s’invente en se faisant.
Comme en musique – il le sait mieux que personne – l’improvisation est une liberté qui s’apprivoise et se cinquiert de haute lutte. Pour l’heure, de la part de la couleur y est encore parcimonieuse. Tout ici, sur fond de sensibilité inquiète ou plane parfois l’ombre de Chillida, se joue dans l’oscilliation entre le désir de capter sur le vif une forme, un geste, une émotion et le besoin non moins impérieux de soustraire, simplifier, épurer presque jusqu’à l’effacement pour n’en guarder, émouvantes, et lyriques, que les seules traces essentielles.
Françoise Jaunin (24Heures, lundi 5 février 2007)

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